Carlou D, de son vrai nom Ibrahima Loucard, se révèle encore au public avec la sortie de son troisième album, « Ndèye Dior », qui confirme le style particulier de l'artiste sénégalais. Alliance entre la musique et le Zikr, cet album parlant des turpitudes de la vie et chant « Baye Fall » se veut avant tout un hommage à sa défunte mère.
Né à Dakar à l'hôpital principal le 13 décembre 1979, Carlou D fit ses premiers pas à l'école en 1985 pour ensuite la quittée en 1995 au profit de la musique. A l'âge de seize ans (16), parallèlement à la musique, il développe une folle passion pour la danse. Quelques temps après, avec le groupe « NAVAJO », il remporte le prix de la meilleure chorégraphie à « Oscar des vacances » édition 2002.L'ascension se poursuit pour ce jeune artiste qui, en 2000-2001, a participé à l'album intitulé « khalanam" du chanteur folk, Daby. Et avec le succès que le produit a connu, les Sénégalais commencent à le remarquer. Un début d'intérêt qu'il confirme et renforce avec un premier single, Real Time. Une chanson en hommage à l'Equipe nationale de football du Sénégal et qui a connu un écho favorable auprès du public.
Faisant suite à ses deux premiers albums, « Séédé » et « Weeru Waay », sortis respectivement en 2004 et 2006, un troisième opus « Ndèye Dior » vient confirmer Carlou D dans son style musical qu'il veut innovateur et original. Ce style musical qu'il dénomme « Musikr », il le définit comme « une musique spirituelle qui exprime la foi, mais pas celle aveugle ». Ce néologisme, « Musikr », résultant de la jonction des mots musique et « Zikr » (invocation à Dieu), inspire une expression musicale purement « carloudienne ». Ce nouvel album de six titres est un assemblage de musique moderne, de musique traditionnelle et de spiritualisme. S'affichant plus que jamais comme « Baye Fall » et fier de l'être, Carlou D explique vouloir incarner un nouveau style de musique qui vient non pas pour s'imposer, mais pour s'ajouter aux autres styles musicaux existant au Sénégal, tels le « mbalax », le hip hop et autres. Cet album décrie l'ignominie et la déloyauté qui sont de mise dans notre société actuelle, à travers le titre « Sen régal ». Il renseigne aussi sur la philosophie des « Baye Fall » qui, selon Carlou D, ne sont pas exclusivement d'obédience musulmane, considérant que chacun peut être « Baye Fall » dans sa religion, ce terme désignant pour lui « l'homme positif ». Cependant, cet album est surtout un hommage à sa défunte mère, Dior Diop, qu'il chante à travers le titre « Yaye Boye ». Cette chanson exprime la douleur et les regrets de la disparition prématurée d'une mère qui, après tant de sacrifices, ne put profiter des fruits de son labeur. C'est ce qui explique le fait que cet album porte le prénom de sa mère, qui est en même temps celui de sa fille, précise Carlou D. « Ndèye Dior » est aussi une exaltation de la terre mère, des valeurs du terroir natal, la justice et la paix plus exactement. Cet élève de l'Opéra du Sahel, « opéra africain qui existe depuis 400 ans », d'après lui, veut, par son style nouveau, promouvoir une « musique partie d'ici (en Afrique) », inspirée de la tradition, pour qu'elle soit reconnue de par le monde.